lundi 17 juin 2013

Tolstoï Poète!

Ah

brusquement

vieillard 
tu t'es mis en branle
avec rage
tu
as tapé le sol 
avec
ta canne lourde

c'est le moment!

O

 silencieusement
ce matin 
tu as refermé la porte
sans 
dire adieu à ta femme
ou prendre congé de tes lecteurs
tu as planté là tes reliques amassées!

Et

maintenant grand-père 
tu n'entend plus 
la bouilloire
qui poupoute 
tu sais 
que tu
ne te goinfreras plus des vapeurs de la théière

tant pis

vieux bonhomme 
tu erres sans but divagues dans les champs des jours entiers
dans la neige ou les coquelicots
de ton enfance
dans les blés et les pavots!


Et

les nuages se font menaçants 
il pleut et tu te réfugies
dans ce petit
abri
et la nuit
entière tu ne dors pas
et à la nouvelle aube
avec le soleil levant
humblement!

Poète résigné

tu couvres ta tête
pour de bon
un train au loin
et 

tu pleures pour la Russie

et tu ris 
et tu t'endors
caressé par le bruit

et le génie blond de la gare d'Astopovo te tire la barbe

malicieux 

te montre la porte

et tu meurs... L' inconnu!

enfin

Tolstoï

Poète!

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