vendredi 16 octobre 2015

Dolce vita !



Oursin dans  la mer
Tout piquant, tout piquant
Oursin dans la mer
Tout doux, tout doux, tout doux...

Oursin dans ma main
Tout orange, tout orange
Oursin dans ma main
Tout en  rouge, tout en rouge...

Oursin dans ma bouche
Tout salé, tout salé
Oursin dans ma bouche
Tout sucré, tout sucré...

Oursin dans mes souvenirs
Tout  beau, tout beau, tout beau
Oursin dans mes souvenirs
Tout bleu, tout bleu, tout bleu…

Dolce vita !

jeudi 15 octobre 2015

Délivreur !



Depuis des heures et des heures
Sur la croix
Jésus souffre

Mais ce n’est pas la foule
Qui se moque de lui
Qui le peine
Mais ce n’est pas
La souffrance physique
Inexorable
Qui le peine
Mais ce n’est pas la solitude
Devant la Mort
Qui le peine
Mais ce n’est
La couronne d’épines
Et de pavots
Rose tyrien
Qui le peine
Mais ce ne sont pas les clous
Aigus
Dans la chair
Pénétrés
Qui le peinent
Le plus…





Non

Au pan de la porte
De la mort
Entre la vie et la mort
Il entend
Les millions et millions
D’âmes en peine
Qui souffrent
En enfer
Et qui le réclament
Viens nous délivrer
Viens
Et cela le peine vraiment …

Son cœur  gonfle et gonfle et gonfle
De tristesse…

Non
Au pan de la porte
De la mort
Entre la vie et la mort
Il partage
Les  souffrances  
 Des millions de fantômes
Qui attendent
Qu’il les guide
Enfin
Vers la paix
Et cela le peine vraiment

Son cœur  gonfle et gonfle et gonfle
De tristesse…

Et son cœur gonfle tellement
Qu’il lâche …


Et
Le troisième jour
Se remet à battre 
Joyeux

Délivreur !

mercredi 14 octobre 2015

Au clavecin Chante Gaspard Chante Gaspard Hauser…



Au  clavecin

Chante
Gaspard
Chante

Gaspard Hauser…


Dans la petite ville
Erre
Gaspard
Erre

Gaspard Hauser !

Et la petite  ville l’adopte
Herr Gaspard
Et la petite ville l’adopte
Herr Gaspard Hauser !

Et la mort l’attend bientôt
Gaspard
Et la mort l’attend

Gaspard Hauser !

Et  l’Homme  en noir  le tuera
Herr Gaspard
Et  l’Homme  en noir  le tuera

Herr Gaspard Hauser

A la fin !

Mais d’ici là chantons et dansons
Rit
Gaspard
Mais d’ici là chantons et dansons
Pleure 
Herr Gaspard Hauser !





Au  clavecin

Chante
Gaspard
Chante

Gaspard Hauser…

Achille Fils de Pélée



Le vieillard
 Aveugle de naissance
Et le jeune homme
Muet
Qui le guide
Sont arrivés dans la  petite cité

Ce soir d’octobre

Aussi poussiéreux
Que des feuilles de laurier

Et le roi
Les a invités
Devoir d’hospitalité
Et le roi
Les a reçus
Comme des rois
Ou
Des dieux…

Superstition ou générosité naturelle !

Buffet plantureux
Moutons égorgés
Fruits et miel

Le repas a été magnifique !

Et ils ont discuté…

Le roi
Antique
Leur a raconté
Son étrange destin
Sa mère
Enceinte
A consulté la pythie

Ou mourir jeune
Dans la gloire
Ou vieillir
Dans l’obscurité
Commune

A dit Apollon Loxias

Et le roi a choisi
Et il a refusé la gloire
Et il a dédaigné les armes
Menant son peuple
A une prospérité
Médiocre
A un bonheur  
Pour tous
Frugal
Sacrifiant sa gloire...


Et le roi
Ce soir
 Parle et parle
Dans la fraicheur d’une soirée d’octobre
Pleure
Et se confie
A ses hôtes !

La vieillesse lui pèse !
Ah mourir
Jeune
Héros
Être chanté de siècle en siècle
Las…

Le temps ne se rattrape jamais !

Ah

Roi
Ne pleure pas
Nous ne sommes ni des dieux ni des rois
Certes
Nous sommes bien plus puissants
Nous sommes poètes
Malgré notre misère
Nous sommes riches
Et nous allons te remercier
Pour ta générosité
Et nous allons te chanter jeune
Et nous allons te chanter intrépide
Et nous allons te chanter sanguinaire
Mais aussi généreux
Et bon fils
Et prompt à la pitié
Et les siècles garderont ton nom…

L’aveugle a parlé
Et en s’adressant au jeune homme

Homère

Note le nom de notre hôte
Celui qui nous a reçus
Comme des dieux
Pour lui
Nous allons rattraper le temps...

Le roi a répondu

Achille
Fils de Pélée
 Est mon nom…

Et Apollon a souri !

lundi 12 octobre 2015

les cousins



Les cousins


Parlent
La même langue
Ou presque
Ils se comprennent bien

Les cousins

Descendent des  mêmes ancêtres
Ils les honorent
Des mêmes portraits ou des mêmes épopées

Les cousins

Dans leurs blasons
Portent  les mêmes armes
Ou presque
Les mêmes fleurs de lys
Avec des léopards
Il est vrai
Les mêmes roses
Mais de couleur différente
Il est vrai


Les cousins

Les mêmes étoiles
Les guident
Le même soleil  doré
Chauffe leurs âmes, leurs corps et leurs os
La même lune argentée
Les fait rimer
Captifs


Les cousins

Partagent

Les mêmes souvenirs
Les mêmes affections
Les mêmes haines

 De génération en génération…

Mais maintenant

C’est la guerre

Les cousins se disputent
Aujourd’hui
Et se déchirent
Avec plus de haine et de hargne
Que des frères
Et se tuent

Aucun quartier

Pas de pitié

Les cousins sont les fils d’Abel et Caïn 

Et plus d’Éternel pour les séparer ou les punir

Jusque dans  la mort  

Les cousins se cherchent

Jusqu’au mariage

Réconciliés

Les cousins !

Ad nauseam …



Il y réfléchit
Depuis
Des heures
Des nuits
Des aubes…

En vain

Il cherche
La sortie

Sans succès 

Il est perdu
Dans
Son
Labyrinthe !

Comment finir sa pièce de théâtre
Comment finir son Henry V
Comment finir son drame 

Comment expliquer l’assassinat des chevaliers français
A la bataille d’Azincourt ?

Comment légitimer cette lâcheté ?

Plus il y pense moins il avance
Dans son récit
Et ce soir
Une nouvelle fois
Résigné
Il se couche tôt

Mais il ne s’endort
Pas
Tout de suite

Comme d’habitude

Il y pense

Un roi en courroux
Un roi qui a besoin de son opinion
Un roi en colère…


Et il s’endort quand même
Et il rêve de la bataille
Et à chaque fois
Il est bloqué dans son récit
Et il se réveille…

Qu’est ce qui peut choquer
Un Roi
Pareillement
Soulever d’horreur
Un peuple
Pareillement
Faire courir des mères de famille 
Ivres de chagrin
Pareillement
Faire pleurer
Des hommes au cœur endurci
Pareillement
Unir
Tous
Réconciliés
Frères 
Pareillement !
 

A la lumière de la lune
Il s’agite et s’agite et s’agite
Et au petit matin
Ce petit matin
Enfin apaisé

 Il se lève et regarde le soleil se lever

Il va s’écouter pleurer

Quoi de  plus épouvantable
Que la mort d’enfants
Sur un champ de combat
Que la mort d’innocents ?

Comme Homère

Il va 

S’écarter de l’Histoire

Inventer ce massacre de pages
Par la chevalerie française
Pour unir l’Angleterre
 Pour finir sa tragédie
Pour se dessiner


Il y aura toujours des guerres, des crimes, des horreurs
Des enfants qui meurent
A  11, 12,13, 14, 15 ans
Et qui  font soulever les peuples
D’indignation
Et les font prendre les armes


Et d’autres enfants
Vont mourir
Pour d’autres enfants
 Sans fin

Shakespeare pleure

Son Henry V est achevé
 Son Henry VI arrive
 Et la guerre civile des cousins
 Ne va pas tarder
Et d'autres meurtres 
Par ruse ou par colère

Et d'autres enfants vont mourir

Sur scène

Dans les siècles à venir...


 Shakespeare 
 En écrit


Ad nauseam …

vendredi 9 octobre 2015

Tu fus!


Ce matin
Un gentil lutin
Bouclé
Pleurait
Au seuil de ma porte
Et je contemplais
Marri
Son chagrin

Désolé!

Ah génie
Ne pleure plus
Que faire pour te consoler
Étrange lutin
Qui encombre mon escalier

De flots de  larmes ?

Ah maudit Poète
Toujours tu me proscris
Toujours tu m’évites
Toujours tu me tues
A ne jamais m’utiliser
Je m’étiole
Fée

Je me meurs…

Ne m’abandonne pas
Maudit Poète
Use-moi
Méchant Poète
Rends-moi
Utile

Peintriot de vers

Tu le sais
Pourtant
Je vaux bien
Le présent
Ou le Passé Composé
Alors
Fais ton devoir
Poète
Ou
Prétendant
Aux fauteuils de l’Académie française

Fais ton devoir!

Ah
Sa peine m’a touché
Mon gentil génie larmoyait
Et je veux tant le contenter
Aussi
Et je relisais mon poème
Plein d'espérance
Et je l’y cherchais
En vain
Et je pleurais
Encore plus chagriné
Que  lui
Je ne le trouvais pas
Je ne l'y trouvais pas
Le lutin avait raison de me maudire
Et je mêlais mes larmes aux siennes
Pauvre temps  bouclé
Pauvre Passé Simple

Tu fus!

A ces mots
Enfin
A cette exclamation
Le Passé Simple a souri

Enfin!

jeudi 8 octobre 2015

Je me souviens…



Je me souviens…


Méthodique

Délicatement

Un à un

Il roulait en boule ses vêtements 

De manière appliquée

Bord à bord

Lentement

Il s’appliquait 

Très lentement 

Presque de manière scientifique

Pas un pli

Pas une froissure

Pas un faux pli 

Sa méthode était efficace

Ses vêtements toujours impeccables

Toujours pimpant

Je l’admirais pour cela

Paradoxe

Tant de lenteur

Pour un résultat si rapide

Sur lui…

Quel génie !

Il roulait en boule ses vêtements 

Sans se soucier

De tout

De rien

Ni du reste

Ni de nous

Zen

Avec prestance

Il traduisait le vide

En espace

Et je contemplais

Le moindre de ses gestes

Avec attention

J’admirais sa facilité

D’ailleurs

Il était excellent

Aussi

En latin

Cela le prédestinait

Peut-être

De rouler

En boule

Ses vêtements

Peut-être 

Aux versions latines ?

Je me souviens…

Et je tirais la langue

 Chaton

Avec ferveur

Ravi

J’adorais

Que cela s’éternise

Je priais

Mais

Hélas

Le temps passe

 Hélas
 Hélas
 Hélas



 Hélas...

Mais toujours

Toujours

Pour moi

Présent

Il roule en boule ses vêtements 

Dans mes souvenirs

Fabrice !

 Je me souviens…

mercredi 7 octobre 2015

Belle et Sébastien…


Dans tes flancs
Belle
Je vais reposer
Ma tête
Belle
Et rêver
Avec toi
De montagnes inexpugnables
De fleurs précieuses
Aussi précieuses que des diamants
Ou de l’or
Ou des épices
Ou ton amour
De lacs bleu ou vert turquoise
Où sommeillent  
Et attendent
A jamais
Des Ys
Alpestres
Des Yys
Le Jugement dernier …

Entre  tes flancs
Belle
Je vais reposer
Ma tête
Belle
Et rêver
Avec toi
De mes descendants
Et de tes descendants
A jamais
Liés
Par notre pacte
Frères de sang
Chiens des Pyrénées
Dans mes armes
Bête 
Héraldique
Pour toujours
Dans l'azur
Tu brilleras
 Aussi dorée
Que des baked potatoes
Belle …

Sur tes flancs
Belle
Je vais reposer
Ma tête
Belle
Et rêver
Avec toi
Et mourir peut être
Ce soir
Mais peu importe
Demain
Nous jouerons au ciel
Éternellement amis
Sébastien et
Belle
Maternellement copains

Belle et Sébastien…

lundi 5 octobre 2015

Pain perdu….



Sur la plage de Menton

Tout leur saoul
Les enfants
Jouent

A la soule !

Atchoum…

Les enfants
Princes
Florentins
Se battent

 Haspatum !

Le vicaire anglican

Sur la jetée
Pleure...

File, file 
 
Le temps

Amer, salé

Pain perdu….

Un enfant
De la balle
S’empare
Du ballon
A la main
Et le porte
Chez ses ennemis…

Yes !

Le vicaire anglican
Sur la jetée
Rit

Du rugby

Comme là bas

Comme lui...

Il peut mourir
Ici
A Menton

Heureux...

File, file

Le temps

Plein de miel,  doré  french toast

Pain perdu….

vendredi 2 octobre 2015

Bah !

Attention, attention

Je suis un clown

Un clown gentil, un clown facétieux

Un clown triste

Aussi

Bleu est mon nez...


Bah !


Attention, attention

Je suis un clown

Un clown gentil, un clown facétieux

Un clown affable

Aussi

Qu'avec les gentils !




Attention, attention

Je suis un clown

Un clown gentil, un clown facétieux

Un clown heureux

Aussi

Rouge est mon coeur...


Bah !


Attention, attention

Je suis un clown

Un clown gentil, un clown facétieux

Un clown agressif

Aussi

Qu'avec les méchants !


Attention, attention

Je suis un clown

Un clown gentil, un clown facétieux

Et trop souvent je ris de tout

Même de ma HTA

Et trop souvent je pleure de trop

Aussi des clowns

Qui terrorisent les enfants

Plus des clowns !

Mais bah je sèche mes larmes

Bah

Tout passe

Cinq minutes

Au soleil de midi

Jusqu'à mes prochaines larmes

De 13 heures!

Mais bah toujours  j' offre mes fleurs

Bah

Toujours aux amis ou à mes mies

Ou à personne !

Mais bah je continue de gambader

Bah

Mon chemin

Sur mon monocycle 

Vers l'Académie ou la Poésie ou la verte prairie !

Mais bah toujours Apollon est un terrible M. Loyal

Bah

Et je tremble

Et j'espère

Et je vis, je bouge, je tombe, je meurs

Ainsi

Bah

Aussi Clown

Bah!