dimanche 24 avril 2016

Edmond ROSTAND



 Ah monsieur
Attendez
Je vous ai trouvé
D’autres œuvres…

Et le boutiquier
Antique
Du bord de Seine
Donne
De vieux grimoires
Poussiéreux
A cet homme si bien habillé
De vieux livres empreints
De toiles d’araignée
A cet homme si bien mis
Des trésors inestimables
D’une poésie tant oubliée
A cet homme de  Lettres.

Desportes, Cyrano de Bergerac, Du Bartas
Magny et ce fou de BaïF...


J’espère que cela va vous inspirer… Vous êtes poète ?

Non j’écris une pièce de théâtre
J’ai mon sujet, j’ai mon canevas  
Une pièce sur  un Poète du XVIIème siècle
Cyrano de Bergerac
Une histoire d’un batailleur amoureux
De vers et de belles
Mais si laid…
Las je n’ai rien écrit encore
Le soir ou à midi
Je me mets devant la page blanche
Rien
Mais rien du tout…

Ah j’allais oublier
Un inconnu m’a prié de vous donner
Cela
Il m’a dit que cela vous aiderait grandement
Je vous le fais gratuit
Cela ne vaut pas grand-chose
Même pas un cornet de dragées.

« Vous languissez, mes vers… »
 C’est charmant
 Exactement moi en ce moment
« Papillons bien-aimés, nourrissons de mon âme,
Puisque votre origine est prise de ma flamme,
Et que ma flamme garde encore son ardeur,
D'où vous vient, d'où vous vient cette prompte froideur ? »
C’est excellent
Il se nomme
Je lis à peine son nom
Sponde ….

Merci Monsieur
Je reviens la semaine prochaine.

Et tout en remontant le Boulevard Saint Michel
Le jeune auteur
Enthousiaste
Danse et fait des pas de valse

 Et si je faisais ma pièce
En vers
Après tout ?

Tout le monde me le déconseille pourtant
Tant pis pour eux....

Et le jeune auteur mire la  prochaine gloire
Dans le livre en lambeaux

Je vais faire parler Sponde dans Cyrano de Bergerac

Mais ce sera un secret

Je vais tous les berner
Comme Cyrano

 ….

La semaine suivante

Edmond ROSTAND

Il n’est jamais revenu la semaine prochaine !

3 commentaires:


  1. http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_sponde/vous_languissez_mes_vers.html

    Jean de SPONDE (1557-1595)


    Vous languissez, mes vers...

    Vous languissez, mes vers ; les glaçons de l'absence
    Éteignant vos fureurs au point de leur naissance,
    Vous n'entrebattez plus de soupirs votre flanc,
    Vos artères d'esprits, ni vos veines de sang.
    En quoi ! la mort vous tient ? et ce front teint en cendre
    Vous marque les tombeaux où vous allez descendre ?
    Si vous pouviez encor revoir dedans les cieux
    Ce feu qui s'est caché des pointes de vos yeux,
    Vous vivriez, dites-vous, mais la clarté ravie
    Ravit en même temps l'éclair de votre vie.
    Vous ne sauriez passer vos jours parmi les nuits,
    Ni faire beau visage en ces affreux ennuis.
    Ce contraire est trop grand : vivre auprès de ma belle,
    Et n'approcher la mort quand on s'éloigne d'elle.
    Il faut donques mourir et par nécessité.
    Qu'à la fin votre hiver succède à votre été.

    Papillons bien-aimés, nourrissons de mon âme,
    Puisque votre origine est prise de ma flamme,
    Et que ma flamme garde encore son ardeur,
    D'où vous vient, d'où vous vient cette prompte froideur ?
    Ce beau feu dont j'avais votre vie allumée,
    Me l'avez-vous changé si soudain en fumée ?
    Vous me laissez, ingrats, et la déloyauté
    Récompense l'amour que je vous ai porté.
    Est-ce que vous craignez que votre tendre vue
    Se rebouche si bien contre la pointe aiguë
    Des rayons du Soleil qu'à l'épreuve du jour,
    On ne vous juge point de vrais enfants d'Amour ?
    Et que ces beaux esprits dont on fait tant de compte,
    S'ils vous ont découverts, ne vous couvrent de honte ?
    Craindriez-vous point qu'encor votre déformité
    Ne déplût d'aventure aux yeux de la beauté
    Pour qui vous travaillez, et par trop de coutume,
    Qu'on sente vos douceurs changer en amertume ?

    Hélas ! ne mourez point ; et servez pour le moins
    A ma fidélité de fidèles témoins.
    Que si des Basilics l'oeil malin vous offense
    Marchant parmi ces fleurs, j'en prendrai la défense,
    Et du miroir luisant de mon autorité
    J'éteindrai tout soudain cette malignité.
    Lorsqu'on vous poursuivra je serai votre asile,
    Et quand les vents battraient votre nef si fragile,
    Vous ne sauriez vous perdre au phare de mon feu.
    Quant à ces yeux à qui vous avez déjà plu
    Ils vous donneront toujours leur vue toute entière,
    Si ce n'est pour la forme, au moins pour la matière.
    Que si votre langueur ne se peut secourir,
    Si vous avez du tout résolu de mourir,
    Mourez, mourez au moins d'une mort qui soit digne
    De votre belle vie, et faites que le cygne
    Qui charme de ses chants les bords méandriens
    Sur le bord de sa mort, se charme par les miens.
    Ce dernier feu, laissant votre mourante bouche,
    Soit semblable au soleil qui luit quand il se couche
    Beaucoup plus doucement que quand au fort du jour
    Les brandons qu'il vomit grillent notre séjour.
    Mourez, mes vers, mourez, puisque c'est votre envie,
    Ce qui vous sert de mort me servira de vie.

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  2. No More no Doubt

    https://www.youtube.com/watch?v=0A2X6gg0jms

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  3. Fly101 Keep Me away from fire

    https://www.youtube.com/watch?v=pc-JI94TElg

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