mercredi 18 octobre 2017

Orme Saint-Gervais

À Saint-Gervais 


J'attends 

 Un fauteuil 

Sous l'orme 

J'attends 


En bois 


Mais pas en orme


 Je te le promets 

Orme 


Je ne suis pas ingrat


Orme Saint-Gervais  Poète❤

lundi 16 octobre 2017

A Sainte Gemme...



A Sainte Gemme

Jusqu’à la dernière miette
Les chats se confondent avec les pierres

A Sainte  Gemme...

Jusqu’à la dernière poussière
Les pierres se confondent avec les chats

A Sainte Gemme...

mercredi 11 octobre 2017

La Genèse de CAMUS



-          Que la colle est froide et opaque…

L’enfant,  les cheveux humides,  contemple une goutte de glu qu'il vient de déposer sur son doigt.

Opaque, vampire elle refuse le soleil  tyrannique de Midi.

Glaciale, elle guillotine ses sens.

Sur le parvis de l’église s’argentent les mariés.

Tranquille, mesuré dans ses gestes, étranger à tout, le photographe, tout de noir vêtu,  met son appareil à l’ombre.

Au ciel bleu, peste, brille la pointe de la lance du suisse.

Les plantes grasses verseaux suffoquent dans la chaleur de midi.

-          La  glu est si froide et opaque...

 Le curé houspille ses enfants de chœur rubiconds

« ll y  a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel:»

L’Ecclésiaste, il cite l'Ecclésiaste  se dit l’enfant éveillé.

Clic la photo est prise.

 La noce se disperse….


Bien plus âgé

Dans son âme

Le Poète  la sent toujours quand il œuvre

Toujours adulte

Sur son  doigt

Il la sent

La goutte

Malgré la vie, malgré  la mort

Dans son cœur

Malgré le soleil noir qui envahit les ruines

Il la sent toujours 

La goutte

Sur son doigt

Le chevalier des arts

Dans ses cheveux

Toujours

Il la sent

Camus

La goutte de glu froide et opaque.
 


 « Ici même, je sais que jamais je ne m’approcherai assez du monde. Il me faut être nu et puis plonger dans la mer, encore tout parfumé de essences de la terre, laver celles-ci dans celle-là, et nouer sur ma peau l’étreinte pour laquelle soupirent lèvres à lèvres depuis si longtemps la terre et la mer. Entré dans l’eau, c’est le saisissement, la montée d’une glu froide et opaque, puis le plongeon dans le bourdonnement des oreilles, le nez coulant et la bouche amère – la nage, les bras vernis d’eau sortis de la mer pour se dorer dans le soleil et rabattus dans une torsion de tous les muscles; la course de l’eau sur mon corps, cette possession tumultueuse de l’onde par mes jambes – et l’absence d’horizon. Sur le rivage, c’est la chute sur le sable, abandonné au monde, rentré dans ma pesanteur de chair et d’os, abruti de soleil, avec, de loin en loin, un regard pour mes bras où les flaques de peau sèche découvrent, avec le glissement de l’eau, le duvet blond et la poussière de sel."


 http://romeojuliette.blog.lemonde.fr/2012/12/26/albert-camus-lhomme-sensuel/

lundi 9 octobre 2017

Alea Jacta Est




Alea Jacta Est...

Joyeux
Il a envoyé l’épreuve
A l’impression
L’après-midi
Le critique le plus féroce
Du monde littéraire
Lui qui a envoyé
De jeunes écrivains
Au suicide
Dans le métro
Il est content de lui-même
Debout
Son livre va le rendre célèbre
Malgré la presse
Dans la rame
Trente ans
Qu’il y travaille
Tout y est parfait
Dans son roman
Tout y est bien construit
Dans son œuvre
Tout ce qu’il a reproché
A ses confrères
Il l’a évité
 Fièrement
Il pense
Orgueilleusement
En remontant
Les marches de la station de métro.
Ce soir
Depuis des mois
Il va bien dormir
Il se le promet

Alea Jacta Est...


Et puis à minuit
Cauchemar
Il n’arrive pas à s’endormir
A la page 107
Cauchemar
Justement
Il l’a écrit
Avec un D
A la fin
Il en est certain
Dans ses épreuves
Il cherche
CauchemarD
Il l’a bien écrit avec un D
Ce maudit D
Le hante
Maintenant


Alea Jacta Est...


C’est l’enfer
Toute la nuit
Il cauchemarde
Là dessus
Trop tard
Tout est publié
Lui dit-on
A l’imprimerie
Contactée
Tout est envoyé
A la distribution
Ses livres circulent
Dans toute la France…


Alea Jacta Est

Ah
Le critique
Les entend
Déjà se gausser
Ils vont se venger
Ils vont le détruire
Ils vont…


Le critique ne va pas en survivre.

Son honneur est en jeu

Qu’une seule sortie…

La Seine est bien froide ce matin…


Alea Jacta Est


Quand vous passez en librairie
 Et que vous feuilletez son œuvre
Lecteurs
Le livre qui l’a rendu célèbre
Dans les manuels scolaires
Vous chercherez en vain
A la page 107
Ce
Cauchemar
Avec un D
Un correcteur apprenti zélé
Un stagiaire consciencieux
Un admirateur du grand critique
Avait réparé
La faute
Sans rien dire
Sans s’en vanter
Mais il n’en avait parlé à personne…

O
Que
Le destin est parfois cruel
Pour le voyageur empressé
De la vie
Parfois le chemin suivi mène à une impasse
Mais c’est trop tard
L’on s’empoisonne ou l’on se pend ou l’on se jette
Pour l’honneur
Un petit matin
A  l’aube
 Dans la Seine
Par honneur
C'est grand
Et c'est triste
Comme la vie


Alea Jacta Est.

vendredi 29 septembre 2017

Au petit matin Au milieu de l’aube Entre le croissant De lune Et le soleil levant



Au petit  matin
Au milieu de l’aube
Entre le croissant
De lune
Et le soleil levant

Je trace
Une ligne  droite
A l’encre noire
D’abord
Sur la feuille blanche
Livide
Puis ensuite
Je m’en évade
Dans une brume mauve
Par des rêves
Lucides
Et alors
Au gré de mes visions
Qui
Envahissent
Mon âme

Je compose

Mes paradis
Pastels paillons
Ou mes enfers
Fougères pourpres
Ou mes purgatoires
Bleues peines

Avant que le soleil ne soit haut
Dans le ciel 

Je compose

Vite
Et bien

Au petit  matin
Au milieu de l’aube
Entre le croissant
De lune
Et le soleil levant

Confesse
Le jeune florentin
A son Maitre de Poésie…

Vous n’irez pas loin
Avec tout cela
Soupire
Le Maitre
Retournez donc  dans Cicéron
Au lieu de dire des âneries …



 Au petit  matin
Au milieu de l’aube
Entre le croissant
De lune
Et le soleil levant

Toujours se perd

Le lecteur

A la suite
Du Poète

"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
ché la diritta via era smarrita."


Toujours se perd

DANTE 

A la suite
D' Apollon

"Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
je me vis entouré d'une sombre forêt,
après avoir perdu le chemin le plus droit."


 Au petit  matin
Au milieu de l’aube
Entre le croissant
De lune
Et le soleil levant.

jeudi 28 septembre 2017

Et j'emmerde l'écriture inclusive...

DELAPORTE                                                                              Le 29/09/2017
 Yves-Denis


                                A Madame le Secrétaire perpétuel de l’Académie française

                                A Mesdames et Messieurs les Académiciens,



                                 Une nouvelle fois –et j’espère que ce ne sera pas la dernière fois j’aime les péripéties pendant les brigues- j’ai l’honneur de vous écrire pour présenter ma candidature au Fauteuil René GIRARD.



Sur mon compte Twitter principal @YDENISDELAPORTE vous trouverez tous les liens utiles pour vous guider dans ma Poésie Virtuelle et pourrez suivre ainsi l’évolution de ma brigue.


 Je suis à votre disposition pour toute visite que vous jugerez utile de m’accorder sauf pendant les Vacances de Toussaint, période pendant laquelle je pars à Nice.


 J’ai l’honneur, Madame le Secrétaire perpétuel, Mesdames et Messieurs les académiciens de vous prier de bien vouloir agréer mes sentiments les plus respectueux.



Et j'emmerde l'écriture inclusive...



                Yves-Denis DELAPORTE
                 X

lundi 25 septembre 2017

Le neuf

Équinoxe

 Beethoveen 
Lunatique 

 Toujours

A sa lumière

 💙


Magique


💙
 Le neuf est frère

lundi 18 septembre 2017

Glencoe



Dans la vallée de la mélancolie
Désolée
La fumée
Monte
La fumée
Des maisons incendiées
De Glencoe
Sur la route…

Dans la vallée de la mélancolie
Désolée
Les cris et les pleurs
Montent
Les cris et les pleurs
Des vieillards et des enfants massacrés
De Glencoe
Sur la route…

Dans la vallée de la mélancolie
Désolée
Les râles
Montent
Les râles et les soupirs
Des derniers blessés
De Glencoe
Sur la route…

Dans la vallée  de la mélancolie
Désolé
La troupe rouge
S’en va gaiement
La troupe rouge
A fait son devoir
Montent les rires
Ce soir les pères de famille
De la troupe rouge
Retrouveront les enfants
Dans la troupe rouge
Monte la liesse
Oublions
Glencoe
Sur la route…

Dans la vallée de la mélancolie
Désolée
Monte
De loin
Là bas
 Du paysage ruiné
De Glencoe
Un air de cornemuse triste
Qui emplit
Et rebondit
Dans
La vallée
Un air de cornemuse
Bruyère mauve
Tenace
Sur la route…

Le guide écossais a fait arrêter la troupe

« Vous avez bien tué le barde
Le barde
Dans la vallée de la mélancolie
Tout à l’heure à Glencoe ?

 Sinon vous avez perdu… »

Un grand silence
Dans la troupe rouge 
Damnée
Sur la route.

dimanche 17 septembre 2017

Jacob!

Albe
 Toujours

Bataille...

 Aurore blême
Toujours

Lutte...

Petit matin glauque
Toujours


Affres...


Poète
Toujours
Déhanché

 Boîte


Jacob!

vendredi 15 septembre 2017

Montjoie Saint Denis




Bâtis mon Montjoie

M’ordonne
Ce matin
La Pythie
M’ordonne
Ce matin
Apollon.


Mon Montjoie

Je ne suis pas
Saint Denis
Je ne suis pas fou
Je ne me promène pas
Une tête sous le bras
Maudit Apollon!

Attention à toi
Poète
Me répond la Pythie
Pas de blasphème
Rimailleur
Insolent
Me répond la Pythie
Pas de blague
Sur les saints céphalophores
Me répond la Pythie
Poète
Damné
Bâtis mon Montjoie
Tout de suite
Ou sinon… !

Mais Apollon
Protecteur
Ne sois pas ingrat
Je te bâtis
A chaque poème
Ton Montjoie
A chaque rime
Je te bâtis un monument
Pas besoin de pierres entassées
Physiquement
Pas besoin de tas de cailloux
Pour indiquer un chemin
A chaque poème
Virtuellement
Je te bâtis
Un mont de grande  Joie
Phébus
Mon chemin est le tien
Et je t’honore
Comme j’honore
Mon saint Patron
Saint Denis
A chaque poème
Claque
Un neuf octobre
Pourpre et or
Au vent
De ta Poésie
Apollon
 Claque
Un Montjoie Saint Denis
Au gré de ton humeur


Apollon


Inspire-moi juste…

Tu es trop malin
Poète
Soupire la Pythie !

lundi 11 septembre 2017

Je soupire.



Pommes
Pourries
Poires
Blettes
Poèmes
Usés
Jusqu’ à la corde

Je soupire d’effroi...

Melon
Craquelé
Sur la table
Nouveau Nothomb


Je soupire d’aise...

Apollon joue avec moi  au Ping-Pong 

Je soupire.

vendredi 8 septembre 2017

Encore une fois


L’enfant est rentré en pleurs
Encore une fois
Ses camarades d’école
Lui ont piqué
Son  déjeuner
 Encore une fois.


Sa mère
Le console
En vain
Encore une fois.

 Mais Hugo défends-toi donc
Rends les coups
Aguerris-toi
Donc
Sois un homme!

Dit la mère excédée
Encore une fois.

Si facile à dire
Quand l’on est
Trop petit
Face à des grands
Qui veulent confisquer
Son bien le plus précieux


Encore une fois



Lui voler ça
Lui voler cela.

Il peut tout admettre mais pas ça !

Lui voler ses thalers ?
Pas grave.
Lui voler sa Bible ?
Pas grave.
Lui voler sa montre ?
Pas grave.
Lui voler des tulipes noires ?
Pas grave.
Lui voler ses jeux ?
Pas grave
Lui voler son chapeau ?
Pas grave.

Mais lui voler cela.
Encore une fois
Il y songe
Mais lui voler ça.

Et plus grand
L’enfant
Discourt
De tout
Droit naturel
Résistance
Droit de guerre
Pour oublier  ce vol
Mais
Jamais il n’oublie
Et toujours il y pense
Rancunier.

Oser lui voler son trésor
Encore une fois
Il n’oublie jamais
Lui voler son Vieux Gouda…

Un crime!

 Il a beaucoup de qualités
Mais il  a un défaut
Il n’a qu’un défaut
Un gros défaut
Malgré les ans
Encore une fois
Il n’oubliera pas
Il a la justice vindicative
Il est vindicatif


Hugo GROTIUS.

mercredi 6 septembre 2017

Catholique, protestant, athée ou païen ?



Catholique, protestant, athée ou païen ?

Méditation

Toujours

Je cours
Autour
De la mare aux canards
De
Feyen.

Catholique, protestant, athée ou païen ?

Méditation


Les fleurs de nénuphar
Y
Sont
Toujours
Roses

- Joli Krishna  -

Et
Les canards
Verts


Autour
De la mare aux canards
De
Feyen

Tout est paisible.

Canards verts ?

  Vers ?

Maudit Apollon!



Catholique, protestant, athée ou païen ?

Méditation


Plus de nymphes
Autour du Lac
Ausone pleure avec moi
Désenchanté

Méditation

Peut être un peu trop agnostique
Sous les tilleuls
Les religions se valent
Sous le tilleul
Même les athées

Je me tiens les côtes
Point de côté
Et je reprends le souffle…

Je cours
Autour
De la mare aux canards
De
Feyen

Plus que 50 mètres…


Catholique, protestant, athée ou païen ?

Méditation

Je suis arrivé
Je respire
Je mesure ma tension
 

Bah

Peu  importe  les religions
Œuvrons
Dirait
Le
Bon samaritain..

A l’ombre de l’abbaye
A côté
Ne serai-je pas trop catholique
Là maintenant
Mon côté protestant se révolte
N'oublie pas la Saint Barthélémy 

Je tergiverse 
Dubitatif

Et j'aime bien aussi les cultes anglicans
J' y pense soudain
Et les gâteaux de la Pâque orthodoxe 
Sont si délicieux

C’est reparti…



Catholique, protestant, athée ou païen ?

Méditation

Toujours

Je cours
Autour
De la mare aux canards
De
Feyen.

mardi 5 septembre 2017

Ma poésie serpente trop mosellane.



Ma poésie serpente mosellane…

Et  je chemine dans mes vers
Toujours petit âne, toujours âne
Guidé  dans les pampres et les verts
Coteaux par  Dionysos ou Apollon.

Ma poésie serpente mosellane…

A travers les  vignes de l’Hunsruck, ah dans ces vignes
Que me semble loin la Tour Eiffel
Je  me laisse guidé, guidé,  mille signes
Illuminent électeurs mon chemin âpre dans l’Eifel.

Ma poésie serpente mosellane...

Les nymphes et les sylvains chantent courage
Courage, Poète, courage, Trèves , et je me plains
Que mon chemin est long encore, mais je persiste sage
A mon arrivée consolation, chope de bière ou galopin.


 Ma poésie serpente mosellane…

Et je me  mets sur les pas d’Ausone
Ce n’est pas facile, je sais, pont aux ânes
Diront les critiques, trêve rose,  friend zone
Diront les insolents , cancanent

Les  moqueurs, tant pis pour eux,  toujours à la fin

Serpente ma poésie,  toujours serpente

 Ma poésie serpente trop mosellane.

jeudi 31 août 2017

vingt-cinq soleils

Que les couchers de soleil au Panthéon sont tristes
L’on y voit vingt-cinq soleils 
Me suis-je dit
En descendant  la rue Soufflot
L’on y voit vingt-cinq soleils mourir
Au dessus de la tombe d’Alphonse BAUDIN!

Que les levers de soleil au Panthéon sont joyeux
L’on y voit vingt-cinq soleils 
Me suis-je dit
En descendant  la rue Soufflot
L’on y voit vingt-cinq soleils renaitre  
 Au dessus de la tombe d’Alphonse BAUDIN!

mercredi 30 août 2017

Les barbares sont passés…



Les barbares sont passés…

Ils ont détruit le village
Tout
Le village

Plus que de la craie livide…

Les barbares sont passés…


Ils ont brulé  les maisons
Toutes
Les maisons
          Plus que des pierres  vides…

Les barbares sont passés…


Ils ont pendu les hommes
Tous
Les hommes
          Plus que des bois enrougis…      

Les barbares sont passés…


Ils ont égorgé les femmes
Toutes
Les femmes
          Plus que des biches  décapitées…

Les barbares sont passés…


Ils ont crucifié les  enfants
Tous
Les enfants
         Plus que des amandiers déracinés


Les barbares sont passés…

   
Lui seul
Le barde
Ils l’ont laissé
Le Poète
Lui seul
Le  fou  de ce village
Ils l'ont épargné
Suprême provocation
Ou
Ultime dérision.


Et il tourne, et il tourne
Sur lui
Pour ne pas voir ce village
Sans nom
Pour  ne plus voir ces visages
Connus
Maintenant fantômes
Et il tourne, et il tourne
Demain
Sera
Demain
Et il tourne, et il tourne
Les rescapés reviendront
Demain
Le village sera reconstruit
Plus beau
Demain
Les méchants seront punis
Un jour
Demain
Les amandiers refleuriront
Demain
La fontaine coulera purifiée
Demain
Il fera de nouveau le fou
Demain..

Il danse et il danse et il danse
Pour ne plus pleurer

Demain.

 Les barbares sont passés…


lundi 28 août 2017

Méchoui



Au dessus des braises

Mon mouton poétique
Rôtit
Des jours

Lapées de sel
Dans le flanc de la bête
Étoffe sucrée

 Mon mouton poétique
Rôtit
Des nuits

Au feu
Doré
Caramel

Mon mouton poétique
Rôtit
Ce matin

Pas touche
Poète
Trop tôt
Apollon me gourmande
Et me tape la main

Mon mouton poétique
Rôtit
A midi 

Bientôt
Avec de la salade de carotte
Au cumin
Et de la betterave aliocée
Et du riz
Safran
Et du vin  
Un bon Lirac rouge

Je me régale d’avance...

Trop lentement
A mon gré

Mon mouton poétique
Rôtit
Aujourd'hui

C’est bon
C’est trop bon
Apollon
Tu me tentes
Encore
Combien de temps ?


Cesse de râler
 Poète
Apollon me tranche le mouton
C'est fini
Viens 
Poète
Tu l'as bien mérité
C'est parti

C'est le


Méchoui!

 

vendredi 25 août 2017

Anatole Le Braz.



Un jour
En vieux breton
L’ancien  interrompit le  Poète
Dans ses rêveries
Dans le centre ville de Ploumiliau.

Ah Poète
Tu n’es pas sage
O Conteur
Tu en as trop parlé
Dans tes récits
De la Mort
Tu  en as trop conté
De l’Ankou.

Ah Poète
Tu n’es pas sage
 O Conteur
Tu en as trop dit
Poète
Tu l’as trop égaré
Le Lecteur
En lui disant
Sans cesse.


Lecteur
Méfie-toi de l’Ankou
Lecteur
Méfie-toi
 Déjà il te surveille
Lecteur
Déjà il prépare  sa charrette
Pour toi
Lecteur
Déjà il noue ses cheveux
Blanc linceul
Sous son chapeau de feutre
Pour toi
Lecteur
Déjà il hèle ses deux compagnons
Pour toi
Lecteur
Déjà il aiguise sa faux à rebours
Pour toi Lecteur.

Tu as bien  eu tort.

L’Ankou
Il se cache sous toutes les formes
Il danse avec tous
Femme, enfant, vieillard
Roi, bourgeois, noble,  laboureur
Il n’a pas de forme fixe
Pour vous chercher
Humains
L’Ankou.

O
Poète
Tu t’es trop  moqué de lui
Ah
Conteur
Tu t’es trop  moqué de lui
L’Ankou.


A partir de maintenant
Tu es maudit
A partir d’aujourd’hui
Poète
Je  te maudis
Damné Poète
Pars
Pars de la Bretagne
Pars loin
Conteur damné
Fuis loin de mes contrées
Fuis..

Sinon l’Ankou viendra ce soir

-          Le Poète trembla…


Si tu m’écoutes
Poète
Si tu m’obéis
Je viendrai te voir
Bien plus tard
Si tu m’écoutes
Conteur
Tu vivras vieillard et grand-père
Bien plus tard
Je viendrai te chercher
A Menton
Bien plus tard

Maintenant dispose....


                 - Comment vais-je te reconnaître ?
Interrogea le Poète dubitatif.

Ne t’inquiète pas
 Pour cela
Je ne viens jamais
Avec une charrette grinçante
Au pays des citrons
Tu seras cueilli
Au moment où tu ne t’y attends pas
Mais quand même je te ferai alors
Signe….

NB de l'auteur

Attention Petit Yves
Tu vas faire tomber le monsieur
Fut la dernière parole qu’entendit
En tombant
Le Poète
Le 20 mars 1926
A Menton
Anatole Le Braz.

lundi 21 août 2017

Primordiale conque.



La conque… lire, voir  Sa Majesté des mouches  de William GOLDING.  

En comprendre le sel, l’amertume.

Le centre de l’ile, ce n’est pas le monstre,  c’est la conque.

La conque, c’est la vie.

La conque, c’est la naissance.

La conque, c’est le nombril.

Primordiale conque.

La conque, l’écume,  l’ile paradisiaque.

La conque, Apollon l’adorerait, la Musique pour canaliser la barbarie.

La conque, la nature domestiquée par l’Homme.

La conque, la force du souffle continu dans un instrument de musique trop fragile.    

 Laisser passer la conque à l’autre, ne pas se sentir investi seul du droit de souffler dans la conque.

La conque… souffler dedans, souffler dans la conque… se sentir soutenu par les autres..

La conque… objet poétique, objet politique, objet dramatique.

La conque, couronne.

Primordiale conque.

La conque détournée de son but, la conque le droit du plus fort…

La conque, la tentation.

La conque, l’ile désolée.

La conque, l’assassinat.

La conque, Thèbes, la mort des deux  frères

La conque, la tragédie…

La conque, la vie,  la mort, l’espoir,  le désespoir.

La conque… lire, voir  Sa Majesté des mouches  de William GOLDING.