mardi 23 mai 2017

Les duvets du Printemps



Au Printemps

La neige
Candide
Duvète
De rose
Les fleurs de mai…

Au Printemps


Les fleurs de mai
Roses
Duvètent
De vert
Le parc de la Planchette…

Au Printemps


Le parc de la Planchette
Tout vert
Duvète
De pourpre
Le soleil…

Au Printemps


Le soleil
Pourpre
Duvète
D'or
Les balles de tennis…

Au Printemps


Les balles de tennis
Or
Duvètent
De marron
Les courts de terre battue…

Au Printemps


Les courts de terre battue
Marrons
Duvète
De violet
La Seine…

Au Printemps


La Seine
Violette
Duvète
D'ocre
L’Ile de la Jatte…

Au Printemps


L’Ile de la Jatte
Ocre
Duvète
De mauve
L’âme des poètes…


Au Printemps

L’âme des poètes
Mauve
Duvète
Candide

Les neiges
Les fleurs
Les Parcs
Les soleils
Les balles de tennis
Les courts de terre battue
Les fleuves
Les iles

Les duvets du Printemps …

lundi 22 mai 2017

Caliméro Poète




Je sais
Je  larmoie trop vite
C’est trop facile
D’être Poète
Pour cela
Et j’erre triste
Dans la ville
Ou la campagne
Un baluchon rouge à la main
Une coquille d’œuf sur la tête
Mais très vite
Je reviens sur mes pas
Si Apollon m'en  prie
Quelques vers et je ris
Il est malin
Le dieu blond
Apollon
Pour me faire  changer
D’avis
Gentil Apollon…



Je sais
Je  larmoie trop vite
C’est trop facile
D’être Poète
Pour cela
Mais je ris
Aussi vite
Cela me sauve
Maudit Apollon
Il me distrait
A la main
Un verre de Champomy
Ou une tartine de Vache qui rit
Mon humeur varie
 Heureusement
Ou
Malheureusement
C’est ainsi
Dans les larmes
Ami ou ennemi
Dans les ris
Apollon…



Je sais
Je  larmoie trop vite
C’est trop facile
D’être Poète
Pour cela
Je pince les cordes de ma Lyre
Au gré de mon humeur
Ou du Soleil
Ou de la pluie
Ou du vent
Ou de ma mie
Ou de mes amis
Ou de ton inspiration
Je pleure et je ris
En même temps
Merci Apollon...


Je sais
Je  larmoie trop vite
C’est trop facile
D’être ton  Poète
Pour cela
Apollon
Mais aussi
Parfois ton mi
Est faux
Trop faux
Trop injuste Apollon
Corrige ta note
Quand même
Je suis ton Poète
Malgré toutes les adversités
Apollon 
Je te suis 
Malgré tout

Caliméro Poète….

dimanche 21 mai 2017

Daltonien



Tache verte
Dans un champ  rouge

A la gare de Pons
Entre deux rails
Poussent
Malgré le temps
Entre deux rails
Grandissent
Malgré le train
Entre deux rails
Croissent
Entre deux rails
 Trois coquelicots
Dans l’herbe folâtre

Tache verte
Dans un champ rouge

Maudit Apollon
Je ne suis pas
Daltonien
A ce point !

vendredi 19 mai 2017

Léonard de Vinci




Cercle, carré, Homme de Vitruve
Néo-platonisme
Florence
Dieu
Les Médicis
Marsile de Ficin
Amour…

Que tout donc semble vain
Au réveil
Vanité des Vanités
Maudit Ecclésiaste…

O
Pas de plus grand Mystère cosmique
Que des boucles de cheveu
Ondulées
Pourtant
Soupire
Comique
Ce matin
A son Maître
Mal réveillé
Encore
Ebouriffé 
Déjà ingénieux

Léonard de Vinci…

mardi 16 mai 2017

Le cas MARCO POLO



-          Qui est donc ce vieil homme mort ? Réponds tavernier !

Il vient depuis des années le matin et il passe la journée dans mon établissement.

Et il écrit, et il écrit et au bout d’un moment, il s’endort sur ses papiers.

 Et il dort, et il dort, et il dort et  au bout d’un moment il se réveille et il écrit et il écrit.

Une vie bien monotone somme toute…

-          Et il recevait de la compagnie ?

Jamais personne, monsieur le Commissaire,  sauf un marin génois ou corse qui venait parfois.

Pour se tenir éveillé il m’a donné ce type de substance. Il me demandait de brûler ces graines.

(le tavernier montre des graines de café).

-          Et il vous parlait ?

Non jamais, il se contentait juste  de sourire et de me dire bonjour ou au revoir. 

Parfois il marmonnait une phrase étrange.

« Qui ne l'a pas vu ne pourrait le croire »

Étrange !

-          Il vivait  de quoi ?

C’était un vieil homme distingué et fortuné, allez savoir pourquoi il adorait venir chez moi écrire.

Fréquenter une taverne, c’est étrange pour un patricien.

Il m’a toujours payé correctement en tout cas

A  la fin, il était lassé de tout, il n’écrivait plus rien, il se contentait de fixer le mur.

Attendez,  j’allais oublier, il m’a donné ces deux ouvrages  en gages.

Le premier je dois le remettre à la police à sa mort, il m’a pris pour un notaire apparemment.


 Un joli titre, le Livre des merveilles.

(Le policier examine l’ouvrage)

Le second, je dois le remettre au marin génois… Avec des jolies enluminures, il adorait peindre aussi, je l’ai laissé faire cela aussi.

-          Vous connaissez le nom du marin à qui vous devez le remettre ?

Oui un certain Colomb….

lundi 15 mai 2017

Jupiter et Sémélé

« C’est mêlé de crainte et d’effroi que le Peintre réalise son œuvre… »

Pérore une nouvelle fois le Maître dans son atelier, ce matin…


« C’est mêlé de Foi et de Raison que  le peintre réalise son œuvre… »

C’est mêlé, toujours ce c’est mêlé sourient les apprentis, ce matin.



« C’est mêlé au Monde et à ses pinceaux  que le peintre réalise son œuvre.. »

Toujours ce c’est mêlé…


« C’est mêlé à la peinture de genre et aux  portraits que le Peintre crée… »


Assez de ces anaphores se lamentent les disciples à la longue…




Mon bon Maître Picot avait bien raison 
 
Au bout du compte

Quel bon pédagogue 

C'est mêlé...

Peint ce matin en souriant

Se souvenant du bon temps passé
 

Jupiter et Sémélé


Gustave MOREAU.

Sigur Ros



Regarder le ciel pur
Ardemment
Sans ciller...

Regarder le soleil
Ardemment
Sang si y est...

Écouter Sigur Ros
Ardemment
 Cent ciliées….

jeudi 11 mai 2017

Acide…



Acide
1826
Acide
Vin blanc
Acide
Clarinette
Acide
Équilibre
Acide
Vingtaine
Acide
Carl Maria
Von Weber 


Acide…

mercredi 10 mai 2017

Selma Ottilia Lovisa Lagerlöf sourit.




Alors madame, vous êtes donc venue en Scanie chercher  l’inspiration ?

-Oui Monsieur le Pasteur. L’Association nationale des enseignants m’a commandé un ouvrage de géographie sur notre beau pays mais je n’ai guère d’inspiration,

Le Pasteur méditatif  hoche de  la tête

J’ai arpenté la Suède, j’ai fait plein de photographies de lacs, de vallées et de forêts, j’ai recueilli plein de récits, j’ai lu plein de contes et d’ouvrages de zoologie… Mais pour l’instant rien. Je peine, je sèche…

Le Pasteur  dubitatif propose du café.

Je ne sais par quoi commencer.

La tasse fume.

Eviter le ton pédant rébarbatif, créer un beau conte, mettre la culture populaire en avant, créer une épopée…mais comment commencer ?

Le Pasteur cherche sa pipe et l’allume.

Et vous, Monsieur le Pasteur, comment se comportent vos ouailles ?

- Bah, ils sont comme ils sont, entre le Bien et le Mal, entre le blanc et le noir,  que des variétés de gris…. Tiens,   je vais  vous soumettre un cas intéressant. Connaissez-vous la famille Holgersson  dans le village ?

Holgersson ?

- Ils ont un fils sage comme une image, toujours gentil, toujours serviable, jamais murmurant.  Levé dès l’aube, jamais paresseux, gentil avec les animaux et ses congénères. Un bon élément à l’école par ailleurs. Un enfant parfait.  Figurez-vous que la mère est venue s’en plaindre.

Ah bon ?

- Mon fils est trop bon et trop sage, je suis inquiète, elle m’a dit.   Il ne va jamais se débrouiller dans la vie. Aguerrissez le donc, ne lui parlez plus de justice et de bonté, traitez le avec brutalité, la vie est cruelle.

Le Pasteur s’est levé et  tout en parlant remplit deux écuelles de lait.

Vous avez deux chats ?

Le chat qui dormait  s’étire brusquement.

- La première écuelle est pour le chat, la seconde pour…

Le Pasteur rougit. L’écrivain a compris.


Monsieur le Pasteur,  vous l’homme de Dieu,  vous croyez encore  aux tomtes ?

- L’on ne sait jamais, vous savez, les nisses sont susceptibles…Tenez, regardez à la fenêtre,  voilà le petit Holgersson dont je vous parlais, guidant les oies dociles de sa famille…


Selma Ottilia Lovisa Lagerlöf sourit.

mardi 9 mai 2017

Emmanuel Kant



La routine
L’esprit de Dieu
La routine
L’esprit du Temps
 Avec Raison
La routine vainc tout ! »

Souffle
Heureux
 Dans sa pipe
Des nuages roses
Souffle
Heureux
Les pieds sur son sofa bleu
Souffle
Heureux
Dans son petit salon
Souffle
Heureux
Dans sa petite ville
Souffle
Heureux
Philosophe
Dans le monde entier
Heureux
Souffle
Dans sa pipe nacrée
Des nuages mauves
Souffle
Heureux
Dans la tasse de café
Vide 
Heureux
Souffle
Près de Dieu
Au souffle
Si routinier
Comme lui
Sa créature
Souffle
Heureux

Emmanuel Kant

Mai Pourpre M’encoquelicote…








Mai

Pourpre


M’encoquelicote…

vendredi 5 mai 2017

IVAN IV



Le ton est véhément et décidé.

-          Non, non et non, Pope,  je ne remonterai pas sur le trône.

. Le vieil homme courbé s’est  brusquement redressé.

Dehors,  une foule  grondeuse entoure le monastère.

Le froid persiste ;  malgré le calendrier, c’est le mois de Mai pourtant.

Les arbres encore en fleur tremblent sous la neige, le soleil morne et le vent glacial.

-           J’ai tué et massacré.  Des familles entières sont mortes de faim et de froid à cause de moi. J’ai été injuste envers la veuve et l’orphelin. J'ai étranglé des enfants de treize ans de mes propres mains.  Je ne bâtirai jamais assez de cathédrales et d’églises pour me laver de mes péchés et de tout ce sang, donc je me suis replié ici dans ce monastère. Ne me demandez plus  rien, je n’appartiens plus à ce monde.

Vous êtes le Tsar. Vous êtes le fléau de Dieu. Vos sujets ont besoin de vous. Nous sommes menacés.


-            Je ne mérite rien d’autre que le silence d’avant la mort. Laisse moi Russie, laisse un fantôme! Ce n’est pas à toi mon peuple de disposer de mon globe par ailleurs.

 Ton peuple est aussi pécheur que toi, Tsar. Tu es trop orgueilleux, Prince.  Crois-tu être le seul à avoir défailli ? Reste humble. Si je te le prouve demain,  tu recouvres le pouvoir ?

-          L’on verra !

Le Pope a harangué la foule ce matin.

Ils se sont mis à la tâche alors.

Femmes, enfants, vieillards n’ont pas chômé aujourd’hui.

Tous les arbres en fleur autour du monastère sont à terre dans la journée.  

Estropiés, éventrés, déracinés…

Les fleurs  trempent dans la boue écarlate des chemins et des champs.

 Que le peuple est terrible

Murmure le Tsar ce soir....


Le Printemps revient depuis une semaine, le peuple est content, 

dans une semaine Ivan IV revient à Moscou.

mercredi 3 mai 2017

Comme cela



Un jour
Comme cela
Apollon ne me guidera plus…

Un jour
Comme cela
La mer sera lac
Plus de vagues
Ni de tempêtes
Ni d’ouragan
Ni de caravelles
Lourdement chargées
D’or et d’argent…

Un jour
Comme cela
Sur l’ile déserte
Le dauphin
Mouillé
Abandonnera
Le marin
Esseulé
Définitivement….

Un jour
Comme cela
A la lumière de la Lune
Le jour
Sera
Nuit
Et
La Nuit
A la lumière du Soleil
Sera jour
Pour toujours…

Un jour
Comme cela
Sur  le seuil de l'entrée
 La porte massive et  lourde
Se fermera
A mon nez
A jamais…

Et j’errerai
Comme cela
Tout d’abord
Dans la Cité
Désolé
Ma lyre cassée
Hagard
Seul
Abandonné
De mon dieu
Les cheveux en désordre
Et l’on n’y entendra plus
Que mes cris
Dans l’Agora…

Et devant la porte fermée
Ensuite
Pour toujours
Comme cela
Je déposerai
Ma couronne de laurier
Défraichie
Dans la poussière
Ma lyre désaccordée
Sur la plage déserte
Vers, quatrains
Sur le sable mouillé
Et seul
Comme cela
Se frottera
A moi
Quand même
Le chat angora…


Et
Sur les marches mouillées
Enfin
Comme cela
J’attendrai la Mort
Las
Et je me souviendrai
Comme cela
Des joies d’antan
Et des chagrins d’hier
Et l’écho me transportera
Désabusé
Les récitations de mes poèmes
Et sur les marches
De mon palais ruiné
Je verserai
Des larmes
Sur l’ingratitude
De mon dieu
Sur l’inconstance d’Apollon
Qui
Comme cela
Pour les faire grandir
Un jour abandonne ses Poètes
Comme les chiens 


Comme cela…

mardi 2 mai 2017

BACH



Bercé café
B-A-C-H
L’enfançon fugue sur les quatre notes de musique
si la do si
..

Café bercé
B-A-CH
L’apprenti fugue sur les quatre notes de musique
 si la do si

Bercé café
B-A-C-H
Le compositeur fugue sur  les quatre notes de musique
 si la do si

Café bercé
B-A-C-H
 Derniers instants sur ses quatre notes de musique
si la do si
BACH

Que mon café est amer ce matin!


 

mercredi 26 avril 2017

cinquième saison

Automne-

 feuilles mortes! 

Hiver- 

neiges!

 Printemps-

 amandiers en fleur!

Eté-

coquelicots!

Pourquoi toujours je pleure à la cinquième saison?

mardi 25 avril 2017

Requiem



Un concours a été organisé  par les chanoines de  la cathédrale pour la composition du plus beau Requiem.

Les chanoines regardent avec intérêt les différentes compositions musicales envoyées par les candidats et enregistrées par ordre d’arrivée.

Les dossiers  passent de main en main.

Soudain des feuilles éparses volent dans le ciel, lancées par une main furibonde.

Frère Anselme le doyen des chanoines n’est pas commode, malgré son âge vénérable.


-          Non, non et non ce n’est pas possible !
-          Qu’avez-vous donc Frère Anselme ?
-          Ce n’est pas possible de confier cette œuvre sacrée à ce compositeur !
-          Pourtant ce Requiem m’a l’air parfait.
-           Peut être mais habiliter cette œuvre !!!
-          Qu’avez-vous donc contre ce jeune compositeur ?
-          Il est notoirement athée et il ne s’en cache pas.
-          Mais c’est la plus belle des compositions qui nous ait été soumise.
-          Non, non et non…Nous allons nous déconsidérer. Pour lui ce n’est qu’un jeu, pour nous c’est  du sérieux.
-          La Grâce de Dieu  peut saisir  tous les croyants, même un athée.
-          Vous écoutez ce que vous dites ? Un athée, avoir la Grâce… impossible….
-          Mettons donc  les œuvres au vote à notre prochain Conseil demain.
-          Oui Frère Anselme vous voulez intervenir ?
-          Je demande que l’œuvre retenue soit celle qui ait été adoptée à l’unanimité.
-          Bien Frère Anselme. (les autres chanoines soupirent).
-           

Le lendemain, le vote a lieu.

 L’œuvre sulfureuse est à la surprise de tous adoptée à l’unanimité.

A l’unanimité.

Tous les regards se tournent vers Frère Anselme.

-          Frère Anselme, la nuit vous a porté conseil ?
-          Bah j’ai prié et sûrement un ange gardien m’a dissuadé de voter contre et m’a incité à la sagesse.
-          Vraiment ?
-          Et puis cette œuvre sera donnée à l’un de nos prochains enterrements
-          Oui et alors ?
-          Et puis je me fais vieux. Je suis le prochain sur la liste, je le sens.
-          Oui et alors ?
-          Alors j’ai pensé, quitte à être enterré, autant l’être avec ce Requiem. Ce Gabriel FAURE est trop doué.


lundi 24 avril 2017

Béni sois-tu Frère Père!




Toujours à faire des constructions en sable, en bois, en pierre, cet enfant.

Se lamente le maître de maison ce matin

Cet enfant me désespère.

Hoche de la tête  le maître de maison ce matin


 Je lui alloue les meilleurs professeurs, les meilleurs  troubadours, les meilleurs savants de l’Italie et cet enfant n’en fait qu’à sa tête, construire, construire et construire !

 Gronde  le maître de maison ce matin

Moi qui lui alloue les meilleurs théologiens, les meilleurs auteurs de casuistique, les plus grands Docteurs de la Sorbonne,

Trépigne le maître de maison ce matin


Au lieu  de chanter l’Amour  en provençal, de parler en français avec les diplomates  et  de parler à Dieu en latin,  ce petit Monsieur ne pense qu’à bâtir et à bâtir !

 Grogne  le maître de maison ce matin


Tu finiras mendiant, je parie, Bonne Mère!

Pleure le maître de maison ce matin

Et en plus tu t’es blessé à la main, petit imbécile! Et en plus tu saignes...

Conclue désolé le maître de maison ce matin

François tu ne feras rien de bon dans la vie ! 

Le sang, gouttelettes, se mélange à la bure de Saint François d'Assise....

Béni sois-tu Frère Père! 


vendredi 14 avril 2017

Boum!



Après-midi de mai
Bruits de tondeuse enrayée
Odeur de pelouse coupée 
Tourterelles enrouées...

Mais
Studieux
Je récite 

 bos
bovis
bovi 
bovem
bos 
bovi 

boves
boum
bobus/bubus
boves
boves
bobus/bubus


Boum!

jeudi 13 avril 2017

La Dialectique



- Monsieur, parlez moi de la Dialectique-
interroge le professeur de Rhétorique  ce matin l’un de ses élèves…

L’élève se mit à chanter :

Trop
Philanthrope
Le Poète
  Répand
Le trésor
En vers
Qu’il a en lui
Et plus il en donne
Trop dispendieux
A ses lecteurs
Et plus il accumule
De pièces et de diamants
Dans sa caverne
Et plus son trésor est beau
Et rutilant
Et plus  il ne peut pas s’en empêcher
Avare
De le  compter
Son trésor
Rubis par rubis
Trop
Dragon
Trop  
Misanthrope.


Trop
Misanthrope
Le Poète accumule
                                                                   Son beau trésor  
Et plus la nuit et le jour
Il craint d’être cambriolé
Et plus il tremble
Que ses diamants
Ne soient que du charbon
Au clair de lune
Et plus il s’inquiète
Si ses pierres précieuses n’étaient que du verre
A la lumière de midi
Et plus il donne aux autres
Par dépit
Les richesses ne servent à rien
Dans la mort
L’on est nu
Au Paradis
Le trésor matériel est vain
                                              Et plus il conserve, plus il dépense, plus il reçoit
Le Poète
Calcule
Bien  
Trop bien
Ses vers
Trop  philanthrope.

C’est la dialectique !

- Bien Monsieur, c'est brillant. Juste  une critique, votre Dialectique est peut être un peu trop littéraire, élève Tolkien.

mardi 11 avril 2017

Georges De La Tour



Dans la pénombre, la lumière
Rit le marmot…

Dans la lumière, la pénombre
Rit le marmot…

Avec des bougies
Dans l’obscurité
Rit le marmot
Tout est beau
Dans l’obscurité
Près des bougies
Rit le marmot
Tout est beau...

Et surtout ne lui parlez pas
Du Caravage
Le marmot ne connaît pas
Tout est beau
Dans l’obscurité
Près de la crèche
Dans la lumière
Tout est beau
Près des  Ténèbres
 C’est Noël …

C’est Noël
Et
Heureux de sa trouvaille
Rit
Le marmot
C’est Noël
Et
Heureux de sa trouvaille
Pleure de joie
Le marmot

Dans la pénombre, la lumière
Pleure de joie
Le marmot…

Dans la lumière, la pénombre
Pleure de joie
Le  marmot…

Georges De La Tour.

vendredi 7 avril 2017

Citron de Yalta



Poète
Géorgien
Sosso
La tête dans les coquelicots et les colchiques
Ou
Brigand
De grand chemin
La tête  dans les bleuets
Ou
Tsar rouge
Koba
Dans un grand palais
La tête dans les  lys dorés
A Moscou
Ou prêtre
Un jour archevêque
La tête dans les calices des violettes
Conseillez-moi
Père Dimitri
Chaque nuit
Je prends
Alternativement
Une de ses identités
Pleure
Le jeune séminariste
A grands flots de larmes
A son confesseur
Et c’est un drame quotidien...

Père Dimitri
Quelle voie m’a choisi Dieu
Toutes les nuits
Père Dimitri
Je rêve
C’est le même cauchemar
Chaque soir 
Je suis à un carrefour de ma vie
Je le sais
Je ne sais quoi faire
Et je me réveille
Toujours
Avec ce gout acide
Se lamente de nouveau le jeune prêtre.

Comme ce citron
Sort le confesseur
De sa poche
Un fruit doré
Dont il  coupe
Dans le cœur
Un morceau doré…

Exactement.
Soupire le jeune homme en goutant le citron acide.

Bien mon fils
Tu as déjà choisi
Ta voie
Bénit le confesseur
En s’éclipsant
Staline
Sera ton surnom
Mon fils
Dit le confesseur
A voix basse
En disparaissant
De sa vue
Va en paix …

Moi j’ai choisi ?
Le père Dimitri en a de bonnes!
Dit le jeune homme à l'un de ses condisciples.

Le Père Dimitri ?
Ah tu ne  le sais pas encore
Il est mort hier….

La tête dans ses rêves
Au Palais de Livadia
Se tait
Staline
Un couteau à la main
En goutant un citron de Yalta….