lundi 12 octobre 2015

Ad nauseam …



Il y réfléchit
Depuis
Des heures
Des nuits
Des aubes…

En vain

Il cherche
La sortie

Sans succès 

Il est perdu
Dans
Son
Labyrinthe !

Comment finir sa pièce de théâtre
Comment finir son Henry V
Comment finir son drame 

Comment expliquer l’assassinat des chevaliers français
A la bataille d’Azincourt ?

Comment légitimer cette lâcheté ?

Plus il y pense moins il avance
Dans son récit
Et ce soir
Une nouvelle fois
Résigné
Il se couche tôt

Mais il ne s’endort
Pas
Tout de suite

Comme d’habitude

Il y pense

Un roi en courroux
Un roi qui a besoin de son opinion
Un roi en colère…


Et il s’endort quand même
Et il rêve de la bataille
Et à chaque fois
Il est bloqué dans son récit
Et il se réveille…

Qu’est ce qui peut choquer
Un Roi
Pareillement
Soulever d’horreur
Un peuple
Pareillement
Faire courir des mères de famille 
Ivres de chagrin
Pareillement
Faire pleurer
Des hommes au cœur endurci
Pareillement
Unir
Tous
Réconciliés
Frères 
Pareillement !
 

A la lumière de la lune
Il s’agite et s’agite et s’agite
Et au petit matin
Ce petit matin
Enfin apaisé

 Il se lève et regarde le soleil se lever

Il va s’écouter pleurer

Quoi de  plus épouvantable
Que la mort d’enfants
Sur un champ de combat
Que la mort d’innocents ?

Comme Homère

Il va 

S’écarter de l’Histoire

Inventer ce massacre de pages
Par la chevalerie française
Pour unir l’Angleterre
 Pour finir sa tragédie
Pour se dessiner


Il y aura toujours des guerres, des crimes, des horreurs
Des enfants qui meurent
A  11, 12,13, 14, 15 ans
Et qui  font soulever les peuples
D’indignation
Et les font prendre les armes


Et d’autres enfants
Vont mourir
Pour d’autres enfants
 Sans fin

Shakespeare pleure

Son Henry V est achevé
 Son Henry VI arrive
 Et la guerre civile des cousins
 Ne va pas tarder
Et d'autres meurtres 
Par ruse ou par colère

Et d'autres enfants vont mourir

Sur scène

Dans les siècles à venir...


 Shakespeare 
 En écrit


Ad nauseam …

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