J'étais, je serai
Et encore plus volontiers je serais
Mais je ne suis pas
Poète.
Ingratitude...
Poétisons!
J'étais, je serai
Et encore plus volontiers je serais
Mais je ne suis pas
Poète.
Ingratitude...
Au bas du 27, rue Cavé
La jeune chatte avait les tétines
Grosses
Roses
Remplies de lait
Et cherchait vainement ses petits
Et elle pleurait chagrinée
Et elle roucoulait pour les retrouver
La mère chatte orpheline.
Chagrin...
Et alors que l'heure du départ
Se pointait
Sonnait
Arrivait
Enfants
Nous ne sommes préoccupés
Que de trouver ses chatons
- Oubliant dans la quête le chagrin à venir
Entre amis
Au bas du 27, rue Cavé.
Et alors que le train filait vers TREVES
Et s'évanouissait dans le soleil Alphaville de septembre
Je m'interrogeais, couché par terre dans le hall de la gare
Et je m'interroge
Toujours
Au soleil de septembre
Revenant
Ponctuellement
Même
Quarante ans après
Les chatons ont-ils été retrouvés
Au bas du 27, rue Cavé
Les chatons ont-ils été retrouvés
Quand même?
1983
- Toujours ce chagrin!
Apolline-toi
Sous les pavés
La plage
Et
Le sable de l'amphithéâtre
Antique
Et
Le grès pourpre
Assyrien
Sur les toits de Trèves
Le schiste latin
Marbré de pas de chats
De neige
Et de ciel azur
Et entre les pavés
Dans le goudron nébuleux éclaté
De la rue
Les pissenlits bientôt éclos
Qui dansent
Libres
Libres au vent de MARS
Libres
Au vent du sud qui remonte la Moselle
Entre les pavés
De la Bergstraße.
A terre
Eventrée
Rouille
Dorée
La vieille machine
Aux ressorts
Cassés
Dans la glèbe lavandée
Par les giboulées
Rougeoie
Faiblement
Au soleil mort de MARS
La machine usée
Au circuit argenté
Brisé
Tout est morne, sinistre, mort...
Nonobstant
Fragiles reines
Les pâquerettes
Qui fleurissent
Entre les débris
De la machine surannée
Et en colonne amicale
Les
Brillantes fourmis rouges
Qui vagabondent
Ivres
Sur le gazon maintenant vert.
Poète
Fol-argent
Toi qui erres sur les plages et dans les bois
Hagard de Printemps et de floraison
En plein mois de MARS
Cherchant l'inspiration et la Raison
Dans tout et rien
Méfie-toi
Poète
Même
Tiens-toi à l'écart du Midi de MARS
Sauf si tu cherches l'insolation et la déraison
Dans un monde sans couvert végétal
Ni de feuilles
Pour protéger ton front
Tout est danger dans l'ensoleillement
Poète.
Dehors
Sans parasol
Le soleil de MARS est mauvais conseiller
Donc
Reste
Chez toi
Tranquille
Compose
Dans la lumière tamisée
De ta véranda
Orangée
De pierre cuite de Cadeuil
Poète de MARS
Tranquille
Sois quiet
Pas de folie
Poète
Attention aux IDES de MARS!
Les athéniens avaient tant imploré Apollon
Tant et tant
En de longs discours
Apollon delphien
Divin archer
¨Pour la postérité
Fais de nous une nation
D'héros
Magnifiques
De commerçants
Prospères
De matelots
Intrépides
De soldats
Civiques
De grands esprits
Brillants
De philosophes
Eclatants
De tragédiens
Illustres
De poètes
renommés
Permets
Qu'ATHENES
Soit glorieuse
Par ses armes
Ses rames
Par ses lauriers jamais flétris par le Temps
Sois favorable à notre Cité
Apollon aux boucles jamais coupées !
Et le dieu amusé répondit
A jamais
Fils de Créops
Pour toujours
Développez
Atticisez !
Les spartiates jaloux de gloire alertés vinrent aussi quémander
Mais leur message fut bref
Rapide
Ni diplomatique, ni ampoulé
Belliqueux
Presqu'insultant
En y réfléchissant
Un message écrit que les prêtres lurent étonnés
Dieu dorien
Des soldats et des Poètes!
Et le dieu amusé répondit
Laconise!