Allongé sous un arbre
Les bras en croix
Terrassé par la canicule
La tête à l'ombre
Je m'interrogeais
Que restera-t-il de moi?
Ecrasant de mon poids les campanules
Sauvages et les renoncules sèches
Dans l'herbe
Tellement dorée qu'elle en était argentée
Je m'interrogeais
Que restera-t-il de moi?
Dans le silence du Midi d'Eté
Qui mastique lentement
Les pâquerettes et les marguerites
Et dévore tout
Je m'interrogeais
Que restera-t-il de moi?
Indifférente
La Corderie royale
Liquorait
Sous le soleil de Midi
Et ses toits d'ardoise luisaient dangereusement
Dans les vapeurs estivales
Je m'interrogeais
Que restera-t-il de moi?
Et j'admirais les vaches
Lotiennes
De l'autre côté de la Charente
Qui ne se posaient pas des questions
De métaphysique ni de Théologie
Comme moi
Qui vivent
C'est tout
Je m'interrogeais
Que restera-t-il de moi?
Maudit Apollon
Tu me pousses à la lucidité
En ce Midi d'Eté
Je m'interrogeais
Que restera-t-il de moi?
De moi
Il ne restera rien
Peut être
Juste
Quelques vers
Peut être
Et l'éternité d'un Paradis toujours vert
Mais bah
L'on oublie sa destinée
Avec le copain zéphyr qui passe
Timide
A travers les frondaisons
Toujours ami.
Artem Kotenko - Я знаю
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