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jeudi 9 octobre 2025

Flagrants Délires : Le Tribunal Céleste d’Yves-Denis Delaporte

Flagrants Délires : Le Tribunal Céleste d’Yves-Denis Delaporte
Cocréation GROK et Yves-Denis Delaporte 

Un tribunal suspendu dans un ciel de nuages roses, où des volutes luminescentes s’entrelacent comme des rimes en fuite. L’atmosphère est un cocktail d’absurde et de solennité, digne d’un Flagrant Délire radiophonique. Pierre Desproges, en habit vert défraîchi, moustache frétillante, préside derrière un pupitre d’écume, un cognac céleste à la main, dans son rôle de Procureur. Face à lui, Yves-Denis Delaporte, toge blanche tachée d’encre, laurier fané sur la tempe, figé dans un silence stoïque, statue d’un poète maudit. À gauche, le Juge Claude Villers, en robe violette d’une sévérité comique, brandit un marteau d’orage, l’air d’un bureaucrate divin au bord de l’exaspération. À droite, l’Avocat Luis Rigo, un ange déchu en costume élimé, agite un parchemin froissé, prêt à plaider dans un délire sans borne. Le procès s’ouvre, mordant, théâtral, absurde.

JUGE CLAUDE VILLERS (martelant son nuage, la voix tonnant comme un arrêté divin) :
Silence dans les cieux ! Monsieur Yves-Denis Delaporte, vous comparaissez devant ce tribunal pour des motifs d’une absurdité patente ! Primo, vous avez inondé l’Académie française de 560 posters – quatorze par Immortel, un calcul maniaque, multiplié par une obstination criminelle ! Secundo, vous avez perturbé l’ordre poétique avec vos latins passés, latins futurs, des odes à Apollon Phosphore qui ont fait rougir les muses et grimacer les séraphins ! Tertio, vous avez défié les lois de la décence avec dix-sept candidatures académiques, un record qui frôle l’outrage ! Et quarto – oui, quarto ! – votre blogspot, ce capharnaüm numérique, a engorgé les serveurs célestes, forçant saint Pierre à embaucher trois anges geeks pour débroussailler vos hyperliens ! Enfin, ce Rectorat de Poitiers, qui vous a mis en congé longue durée pour « excès de zèle poétique », n’est-ce pas la preuve d’un complot contre l’ennui ? 
Monsieur Delaporte, vous êtes en flagrants délires d’ambition littéraire ! Procureur Desproges, à vous l’attaque !
DESPROGES (se levant, sirotant son cognac, voix nasillarde, sourire sardonique) : 
Merci, Votre Honneur, ou plutôt, Votre Sévérité ! Monsieur Delaporte, vous, l’empereur du sonnet bancal, le croisé des fauteuils académiques, le prophète des coïncidences augmentées ! Croyez-vous que vos 560 posters ont ébranlé la Coupole ? Foutaises ! Les Immortels s’en sont servi pour caler leurs tables ou emballer leurs sandwichs ! Vos latins futurs ? Des haïkus pour proviseurs en dépression ! Votre blog ? Un labyrinthe où même un GPS divin rendrait l’âme ! À propos de labyrinthes, savez-vous que le homard, ce crustacé existentialiste, change de carapace comme d’autres changent de chemise ? Fascinant, non ? Rien à voir avec vous, mais ça me rappelle cette manie qu’ont certains de s’accrocher à leurs illusions comme un homard à son rocher. Revenons à vous, monsieur Delaporte : le Rectorat de Poitiers vous a éjecté comme on jette un poème raté, et ils avaient raison ! Vous êtes un danger, un serial-rimeur, un fléau poétique ! Ma sentence ? Le Paradis, mais un Paradis de nuages roses, où chaque stratus vous renverra vos strophes boiteuses, où les anges corrigeront vos métaphores en rouge, où l’éternité ricanera comme un proviseur en conseil de discipline ! Et pendant que j’y pense, parlons du camembert : ce fromage, monsieur, a plus de caractère que bien des poètes – il coule, il pue, il vit ! Vous, vous rimez, mais sans couler. Flagrants délires, monsieur Delaporte ! Coupable d’avoir cru que la Poésie pouvait terrasser la bureaucratie !
LUIS RIGO (bondissant, théâtral, agitant son parchemin comme un manifeste enflammé)
 : Objection, ô tribunal céleste ! Ô Desproges, procureur des sarcasmes, fossoyeur des muses, divagateur sur les homards et les camemberts ! Mon client, Yves-Denis Delaporte, n’est pas un criminel, c’est un titan ! Ses posters ? Des bannières d’amour pour la langue française ! Ses candidatures ? Des épopées pour l’immortalité ! Son blog ? Un panthéon virtuel où chaque hyperlien est un verset sacré ! Et Poitiers ? Une cabale de gratte-papiers jaloux d’un génie incompris ! Des nuages roses ? Une insulte à son lyrisme ! Ces nuages, monsieur Desproges, sont aussi fades qu’un poème sans césure, aussi mous qu’un camembert industriel – tiens, puisque vous parlez fromage ! Je demande une relaxe, ou mieux, un trône d’étoiles où mon client enseignera le latin futur aux chérubins illettrés ! Non, mieux encore : un recueil posthume chez Gallimard, avec une préface de saint Apollinaire ! Delaporte est innocent, ou du moins, coupable d’un excès de ferveur poétique ! Libérez-le, ou je réciterai ses 560 sonnets jusqu’à l’Apocalypse !
JUGE CLAUDE VILLERS (martelant à nouveau, exaspéré) : 
Assez, maître Rigo ! Votre plaidoirie est un poème de 400 vers sans rime ni raison ! Et vous, Desproges, vos digressions sur les homards et les camemberts violent l’article 42 du code pénal céleste : « Pas de métaphores gastronomiques sans expertise culinaire » ! Mais le délit est flagrant, l’absurde règne. Monsieur Delaporte, votre silence est une confession ! Tribunal, la sentence est confirmée : Paradis de nuages roses, poésie sans fin, rimes maudites !

DESPROGES (ricanant, levant son verre) 
: Bien dit, Villers ! Monsieur Delaporte, votre mutisme vaut tous les plaidoyers. À propos, saviez-vous que le pingouin, cet oiseau ridicule, marche comme un académicien en retard à une séance ? Rien à voir, mais c’est délicieux. Votre Paradis rose vous attend : errance éternelle, blog sous le bras, rimes renvoyées par des stratus moqueurs. Maître Rigo, gardez vos sonnets pour les anges en RTT. Villers, rangez votre marteau. Ici, l’ironie juge, et je suis son greffier. Flagrants délires, monsieur Delaporte ! Que le rose engloutisse vos vers, et que l’absurde vous couronne !

Delaporte reste figé, stoïque, ses yeux rivés sur l’horizon rose. Les nuages s’enroulent autour de lui comme des pages froissées. Villers grogne, Rigo s’effondre en sanglots théâtraux, et Desproges s’évanouit dans un éclat de rire, son cognac scintillant sous la lumière céleste. Le silence retombe, teinté d’absurde et de rose, tandis que Delaporte, immobile, semble graver un poème muet dans l’éternité.

dimanche 5 octobre 2025

Promesse

 Souviens t'en

Scout

Souviens toi !


L'étoffe douce du Baussant

Poussé par le vent taquin

Complice

Chatouillait mes genoux 

Couverts

Et je prononçais

Malgré le ciel gris

Ma Promesse


Souviens t'en 

Scout

Souviens toi !


Mes cheveux longs humides respiraient

Sans le béret

En ce matin blême

Les corbeaux 

Seuls rois de la plaine

Chahutaient

Vainement

Ma Promesse


Souviens t'en

Scout

Souviens toi !


La photo est bien abimée

Horions du Temps

Je me scrute

Suis-je le même?

Quarante ans déjà

Je me contemple

Dans une photo

Instant de Promesse

Toujours

Fixé

A jamais...


Souviens t'en

Scout

Souviens toi


Ah


Tout passe 

Tout file 

Tout file

Tout meurt


Nous vieillissons

inéluctablement


Le loup gris ne peut plus attraper de proie

Bientôt


Promesse


Mais aussi

Tout renait

Tout revient

Tout revit


Souviens t'en

Souviens toi


A l'aube

Avec la lune 

Avec les corbeaux qui croassent amis

Avec Apollon

Avec la Poésie

Se lève

Toujours

Au ciel limpide enfin

Au soleil victorieux


Ma Promesse 


Souviens t'en

Scout

Souviens toi !


jeudi 25 septembre 2025

Le Sabre d’Okame

 Titre : Le Sabre d’Okame

Roman d'Amélie Nothomb, publié en 2037 chez Albin Michel
Coauteurs: Yves-Denis Delaporte et Grok
Chapitre 1 : L’Appel d’Anvers
                  Le vent d’Anvers, piquant comme une gorgée de gueuze mal fermentée, me giflait les joues tandis que je longeais l’Escaut. À 70 ans, j’étais une Belge déracinée, une écrivaine dont le cœur battait au rythme des estampes d’Hokusai et des toiles de Rubens. Tokyo, ma seconde patrie, m’accueillait désormais la moitié de l’année, mais c’est à Anvers, dans une maison aux volets verts, que je reçus la lettre. Cachet vert et or, papier épais comme un paravent shinto : l’Académie française m’invitait à candidater pour le fauteuil 32, celui d’Yves-Denis Delaporte, mort dans des circonstances que la rumeur disait troubles.
             Yves-Denis Delaporte. Son nom évoquait un tableau de Brueghel, un banquet flamand interrompu par un corbeau. Je ne l’avais jamais lu, mais je savais qu’il avait occupé ce siège après Voltaire, Dumas fils, des ombres dont la grandeur pesait comme un kimono de cérémonie. Moi, Amélie Nothomb, sous la Coupole ? L’idée était aussi absurde qu’un samouraï buvant de la bière dans un estaminet. Pourtant, l’appel de l’Académie, tel un haïku maladroit, chatouillait mon orgueil.
             Je m’installai dans une brasserie près de la cathédrale Notre-Dame, où les vitraux projetaient des éclats dignes d’un temple de Kyoto. Une moule, symbole flamand, ornait ma serviette. Un vieil homme, au visage ridé comme un masque de nô, m’observa depuis le comptoir. « L’Académie, c’est un piège, » murmura-t-il, ses yeux brillant comme des lanternes japonaises. « Delaporte n’est pas mort de vieillesse. » Je frissonnai, pensant à une estampe d’Utagawa où un spectre hante un pont. Était-ce un avertissement ? Je commandai une gueuze, son aigreur me rappelant le goût du saké frelaté, et décidai de candidater. Par défi. Par dérision. Par soif de vérité.
Chapitre 2 : Le Crime sous la Coupole
             Paris, avril 2037. L’Académie française se dressait comme un sanctuaire shinto, austère et intimidant. J’avais revêtu un tailleur noir inspiré des hakamas des kendokas, orné d’une broche en forme de moule, clin d’œil à ma Flandre natale. Mon discours de candidature, écrit à l’encre de seiche sur papier washi, tissait un éloge de Voltaire et de Bashō, mêlant l’esprit des Lumières à la fugacité des cerisiers. Les académiciens, alignés comme des figurants d’un théâtre kabuki, m’écoutaient, leurs visages figés.
              Pierre de La Tour, un académicien au nom digne d’un tableau de Georges de La Tour, m’interrompit : « Votre style, Madame Nothomb, est trop… flamand. Trop nippon. L’Académie exige de la mesure. » Je souris, pensant aux chairs débordantes de Rubens. « La langue française, Monsieur, est une gaufre liégeoise : sucrée, mais prête à accueillir toutes les audaces. » Un rire étouffé parcourut l’assemblée. Une femme, au regard perçant comme une prêtresse shinto, hocha la tête. Étais-je en train de les séduire ?
            Ce soir-là, dans ma chambre d’hôtel, un colis m’attendait : une statuette d’Okame, déesse japonaise du rire, tenant un éventail orné de moules. Une note, écrite en kanji maladroits, disait : « Delaporte a été tué. Le fauteuil est maudit. » Mon cœur s’accéléra. Yves-Denis Delaporte, assassiné ? La rumeur prenait corps. Je pensai à une peinture flamande, une vanité où un crâne ricane sous un bouquet fané. Qui avait intérêt à m’effrayer ? Je caressai la statuette, son sourire moqueur me défiant de continuer.
Le lendemain, dans les couloirs de l’Académie, j’appris la vérité : Delaporte avait été retrouvé mort dans son bureau, une dague japonaise plantée dans le cœur. La police avait conclu à un suicide, mais les murmures parlaient d’un crime. Une académicienne, Claire de Montaigne, une femme aux airs de geisha vieillie, me glissa : « Méfiez-vous, Amélie-san. Ce fauteuil attire les ombres. » Son « san » sonnait comme un avertissement.
Chapitre 3 : L’Élection
             Le jour du vote, l’Académie vibrait d’une tension digne d’un duel de samouraïs. J’attendais dans une antichambre, buvant un thé matcha dont l’amertume évoquait mes doutes. Mon père, diplomate belge au Japon, m’avait appris que l’honneur est une lame à double tranchant. Étais-je prête à m’asseoir sur un fauteuil taché de sang ? La statuette d’Okame, que j’avais apportée, semblait me narguer.
             Les résultats tombèrent : 20 voix pour, 12 contre, 8 abstentions. J’étais élue. Les académiciens m’entourèrent, leurs épées scintillant comme des katanas sous les lustres. Claire de Montaigne me tendit une coupe de champagne, son sourire aussi ambigu qu’une estampe d’Utamaro. « Vous voilà immortelle, » dit-elle. Je pensai à une fresque de Pieter de Hooch : une femme seule dans une pièce, éclairée par une lumière incertaine. Étais-je libre ou prisonnière ?
              En m’asseyant sur le fauteuil 32, je sentis un frisson. Une odeur de saké éventé flottait, comme si l’esprit de Delaporte rôdait encore. Ce soir-là, je reçus un second colis : un éventail en papier, orné d’un motif de mouettes, symbole de l’Escaut et de la mer du Japon. À l’intérieur, un message : « L’assassin est parmi eux. Cherchez la plume. » Je compris que le meurtrier était un académicien. Mais qui ? Pierre de La Tour, avec son air hautain ? Claire de Montaigne, trop parfaite dans son rôle de geisha ? Ou un autre, tapi dans l’ombre ?
Chapitre 4 : La Vérité d’Okame
                   Le jour de ma réception sous la Coupole, je portais une robe inspirée des kimonos de l’ère Heian, ornée de mouettes et de vagues. Mon discours, un éloge de Delaporte, était un piège. J’y glissai des indices sur son assassinat, parlant de « plumes trempées dans l’encre du crime » et de « sabres déguisés en mots. » Les académiciens applaudirent, mais je vis Pierre de La Tour blêmir. Claire de Montaigne, elle, fixait son éventail, identique à celui que j’avais reçu.
               Après la cérémonie, je suivis Claire dans les couloirs de l’Académie. Elle s’arrêta dans une salle obscure, où trônait un portrait de Delaporte. « Vous savez, n’est-ce pas ? » murmura-t-elle. Je brandis l’éventail. « C’est vous, Claire. Vous avez tué Delaporte. » Elle éclata de rire, un rire de kabuki, à la fois tragique et grotesque. « Il voulait me détruire, Amélie-san. Il connaissait mon secret : un plagiat, vieux de trente ans, qui aurait ruiné ma carrière. »
                Elle sortit une plume d’oie de son sac, tachée d’encre rouge. « C’est avec ceci que j’ai guidé la dague, » avoua-t-elle. « Une plume, si innocente, mais si précise. » Je reculai, pensant à une estampe où un spectre brandit une lame. « Pourquoi m’avoir attirée ici ? » demandai-je. « Parce que vous êtes comme moi, » répondit-elle. « Une étrangère dans ce monde. Je voulais vous prévenir. » Elle s’effondra, pleurant, comme une héroïne de nô.
            Je ne la dénonçai pas. Claire disparut le lendemain, laissant une lettre où elle confessait tout. L’Académie étouffa l’affaire, fidèle à ses silences. Mon épée, forgée à Osaka avec une garde en forme de moule, reposait sur mon bureau à Tokyo. Je bus un saké, regardant les cerisiers défleuris. Le fauteuil 32 était à moi, mais il portait l’ombre d’Okame, déesse du rire et des secrets.

mercredi 24 septembre 2025

Ode au logement de fonction

Toujours

A midi

Trainant

En robe de chambre

Pourpre 

Paresseux Poète

Prends la clef 

Arc-en-ciel

Devant toi

Prends ton baluchon

Et quelques restes

Habille toi

Poète à la retraite

Couleuvre

Prends la clef de sol ou de la 

De ton logement de fonction 


Je te le fais visiter !


- Bof, Apollon

Dieu bourreau

Ton logement 

De fonction

Je n'en veux pas

Sans eau chaude

Eventé à tous les vents 

Sans toit

Pas de fenêtres

Ni de lucarnes

Que des ruines 

Au soleil de septembre

Qu'un squelette de dragon

Embrumé

Que du brouillard  rosé

Tes mirages orange

Je n'en veux pas !


Tsss Poète malcontent et malpeigné

Cesse de chouiner et de geindre

Eternel

Pleurnicheur 

Regrettant 

Les logements de fonction de jadis

Ton nouveau logement de fonction

Sous la neige candide

Ton palais splendide

Ton logement de fonction 

Magnifique

Brille au soleil équinoxial 

Gratuit

Sur le Mont Parnasse.

Honore ta fonction, rêve le, je te le fais visiter

En

Ce matin blême.

Et n'oublie pas ta couronne de lauriers !


- J'arrive Apollon ! 

Ma lyre sonne déjà 

L'Ode au logement de fonction.